"Une jeune femme, Othnielle, surmonte les obstacles (décès de son fils, manque de moyens, Covid) pour suivre sa passion, la couture, et ouvre son atelier après des années de persévérance."
Je m'appelle Othnielle O. À 31 ans, quand je regarde en arrière, je ne vois pas un simple parcours, je vois un tissage complexe où chaque fil de douleur a fini par renforcer la solidité de l'ensemble. Issue d'une fratrie de quatre enfants, j'ai grandi avec des rêves simples. Après mon bac, la vie m'a offert un cadeau immense, suivi d'une épreuve que personne ne devrait connaître : la naissance de mon fils et son départ prématuré. Ce vide immense, je l'ai porté en moi en entamant des études en communication. Mais la précarité a frappé à ma porte, m'obligeant à abandonner l'université après seulement une année. Face à ce silence dans ma vie, j'ai cherché un refuge. Ce refuge, c'était la couture. Une passion d'enfance, un monde où je pouvais enfin reprendre le contrôle sur les formes et les textures. Mais là encore, le manque de moyens était un mur. Pour nourrir mon rêve, je me suis faite caméléon : vendeuse de draps, de sous-vêtements, hôtesse lors d'événements. J'ai accumulé les petits boulots, chaque pièce gagnée étant une pierre à l'édifice de mon futur atelier. Le destin, cependant, aime tester notre détermination. Après des années de lutte, j'ai enfin entamé mon apprentissage à Cotonou. Un an de progrès, puis le monde s'est figé avec le Covid. Le coût des transports est devenu inaccessible, et j'ai dû, le cœur lourd, retourner à la case départ. Mais on n'abandonne pas une passion qui nous habite. J'ai jonglé entre mes petits boulots et la poursuite obstinée de ma formation. J'ai aidé à gauche, servi à droite, ne lâchant jamais le fil. Puis, un rayon de soleil est apparu : ma sœur, cette main tendue qui a pris en charge mes frais de formation, m'a permis de trouver un nouveau port d'attache. Pour financer mes machines et mes examens, je suis devenue enquêtrice, scrutant la vie des autres pour mieux construire la mienne. Ces machines, je les ai achetées avec la sueur de mon front. Une fois le diplôme en poche, j'ai appris, j'ai observé, j'ai travaillé deux ans aux côtés d'une collègue, emmagasinant l'expérience nécessaire. Et enfin, l'année dernière, grâce à la grâce de Dieu et à ma propre persévérance, j'ai ouvert mon propre atelier. Aujourd'hui, quand je manipule mes tissus, je ne vois pas seulement des vêtements. Je vois le résultat d'un long combat, le témoignage de ma résilience, et un hommage à tout ce que j'ai dû traverser pour devenir la femme que je suis : une créatrice qui a su recoudre sa propre vie, point par point.
Grâce à mon expérience terrain dans le commerce et l'événementiel, je comprend les besoins des gens. Je n'offre pas seulement un produit, je propose une expérience client soignée. Me donner de la visibilité , c'est soutenir une entrepreneuse qui place l'écoute, l'attention et l'émotion au cœur de sa relation avec ses clients. Je suis convaincue qu'il n'est jamais tard pour se realiser.
"C’est d'avoir pu ouvrir mon atelier"
"Pas de regret"
"C’est de voir mon atelier s’agrandir afin que j’ai ma propre mercerie ou j’importe mes marchandises moi même"
Naissance
CEP
BEPC
BAC G3
Première année en communication d’entreprise
Apprentissage
Diplôme
Ouverture de l’atelier
Découvrez Othnielle Mahuklo dans son quotidien
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